
Avant de prendre rendez-vous, un patient regarde à quoi ressemble le cabinet, qui va le recevoir et comment y accéder. Les photos répondent à ces questions plus vite qu’un texte. Ce guide s’adresse au praticien qui prépare une séance de prise de vue : quelles images prévoir, comment s’organiser, quelles règles de droit et de déontologie respecter, et comment utiliser ensuite les fichiers sur le site et ailleurs.
Pourquoi de vraies photos plutôt que des images de banque d’images
Une image de banque d’images montre un cabinet qui n’est pas le vôtre et des soignants qui ne sont pas vos collaborateurs. Le patient le perçoit souvent, d’autant que le même visuel peut figurer sur d’autres sites. Une photo réelle apporte trois choses.
- Une information exacte : le patient reconnaît l’entrée, l’accueil et le praticien le jour du rendez-vous.
- Une communication loyale : vous montrez les locaux et le matériel tels qu’ils sont, sans embellir.
- Une cohérence entre le site, la fiche Google et les réseaux sociaux.
Les images d’illustration gardent leur utilité pour expliquer une pathologie ou un geste. Nous en parlons dans notre article sur l’iconographie médicale.
Les photos indispensables d’un cabinet médical
Le portrait du praticien
C’est l’image la plus consultée. Prévoyez un portrait cadré aux épaules, regard vers l’objectif, fond neutre ou cabinet légèrement flou, et une variante en situation, au bureau ou près du matériel. Demandez un format horizontal et un format vertical : le premier sert au site, le second aux annuaires et aux profils.
L’équipe
Une photo de groupe et des portraits individuels réalisés dans les mêmes conditions de lumière et de cadrage. Si un collaborateur rejoint le cabinet plus tard, son portrait pourra être refait dans le même style.
La façade et l’accès
Entrée de l’immeuble, plaque, stationnement, rampe ou ascenseur, porte du cabinet. Ces vues pratiques rassurent les personnes à mobilité réduite et celles qui viennent pour la première fois.
L’accueil et la salle d’attente
Photographiez les espaces vides, rangés, avec la lumière allumée. Un plan large et deux ou trois détails suffisent.
La salle de consultation et le plateau technique
Table d’examen, fauteuil, appareils d’imagerie ou d’exploration : montrez le matériel que le patient verra réellement. Une légende sobre suffit, sans superlatif.

Ce qu’il vaut mieux ne pas montrer
- Un patient, même de dos, s’il reste reconnaissable.
- Un écran allumé, un dossier, une ordonnance, une étiquette ou un agenda.
- Des images de soins impressionnantes (sang, instruments en cours d’utilisation) hors d’un contexte pédagogique.
- Les diplômes et documents comportant des données personnelles lisibles.
- Les marques de matériel mises en avant comme un argument.
Préparer la séance, étape par étape
- Repérage. Le photographe visite les lieux, ou reçoit des photos prises au téléphone, pour repérer les fenêtres, les reflets et les pièces exiguës.
- Créneau. Choisissez une demi-journée sans consultation. C’est la manière la plus sûre de n’avoir aucun patient dans le champ.
- Rangement. Dégagez les bureaux, retirez les affichettes provisoires, les cartons et les câbles visibles. Éteignez ou verrouillez les écrans.
- Tenue. Blouse propre et repassée, ou tenue de ville unie. Évitez les rayures fines et les logos. Accordez les tenues de l’équipe.
- Lumière. La lumière naturelle du matin ou de fin d’après-midi est la plus flatteuse. Signalez les néons et les pièces sans fenêtre : le photographe apportera un éclairage d’appoint.
- Durée. Comptez deux à quatre heures pour un cabinet de quelques pièces, portraits compris. Un plateau technique ou un bloc opératoire demande davantage de temps et des autorisations de l’établissement.
- Liste de prises de vue. Rédigez-la à l’avance, pièce par pièce, en indiquant l’usage prévu de chaque image (bandeau du site, page équipe, fiche Google).
Droit et déontologie : ce qu’il faut vérifier avant de publier
C’est la partie à ne pas négliger. Les règles ci-dessous sont résumées à titre informatif. En cas de doute, interrogez votre conseil départemental de l’Ordre ou un juriste.
Le droit à l’image de chacun
L’article 9 du code civil pose que « chacun a droit au respect de sa vie privée ». Les tribunaux en tirent le droit à l’image : toute personne peut s’opposer à la diffusion de son image sans son accord. Par ailleurs, la photo d’une personne identifiable est une donnée personnelle au sens du RGPD.
Collaborateurs et salariés : une autorisation écrite
Faites signer à chaque personne photographiée une autorisation écrite et datée, qui précise les images concernées, les supports (site, fiche Google, réseaux sociaux, documents imprimés) et la durée. L’accord doit être libre : un salarié peut refuser sans conséquence, et retirer son accord plus tard. Conservez ces documents, et prévoyez le retrait des portraits lorsqu’un collaborateur quitte le cabinet.
Patients : la plus grande prudence
Aucun patient identifiable ne doit figurer sur une image sans son consentement écrit. La prudence doit être plus grande encore qu’ailleurs : une personne photographiée dans un cabinet d’oncologie ou de psychiatrie révèle, par sa seule présence, une information sur sa santé. Or les données de santé sont des données sensibles, dont le traitement est en principe interdit par l’article 9 du RGPD, sauf exceptions comme le consentement explicite de la personne. Le plus simple reste de photographier le cabinet sans patient, ou de faire poser un membre de l’équipe ou un proche qui a signé une autorisation. Nous détaillons les obligations générales dans notre article sur le RGPD en santé.
Le secret médical à l’image
L’article L. 1110-4 du code de la santé publique garantit à toute personne prise en charge le respect de sa vie privée et du secret des informations qui la concernent. L’article R. 4127-4 du même code rappelle que le secret professionnel s’impose à tout médecin et couvre tout ce qui est venu à sa connaissance dans l’exercice de sa profession. En pratique, contrôlez chaque photo à 100 % de sa taille avant publication. Aucun de ces éléments ne doit être lisible :
- un écran de logiciel médical ou d’agenda ;
- un dossier, une ordonnance, un courrier, une étiquette de prélèvement ;
- un nom sur un casier, un tableau ou une radiographie.
Photos avant et après
L’article R. 4127-19-1 du code de la santé publique autorise le médecin à communiquer au public, y compris sur un site internet, des informations utiles au libre choix du praticien. Cette communication doit être loyale et honnête, sans témoignage de tiers ni comparaison avec d’autres médecins, et elle tient compte des recommandations du Conseil national de l’Ordre des médecins. Ces recommandations invitent à écarter les photos « avant / après » qui ne se limitent pas à présenter les résultats habituellement attendus et qui laisseraient croire à une garantie de résultat. Elles précisent aussi que l’identification des patients ne doit pas être possible sur les photos et vidéos diffusées. Si vous envisagez ce type d’image, interrogez votre conseil départemental avant toute publication. Les autres professions de santé disposent de leur propre code de déontologie : vérifiez les règles de votre Ordre.
Les droits du photographe
Le photographe est l’auteur des images. Payer la séance ne suffit pas à tout autoriser : l’article L. 131-3 du code de la propriété intellectuelle exige que chaque droit cédé soit mentionné distinctement et que l’exploitation soit délimitée dans son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Demandez une cession écrite qui couvre le site, la fiche Google, les réseaux sociaux, les annuaires et l’impression. L’auteur conserve le droit au respect de son nom (article L. 121-1 du même code) : convenez avec lui de la mention du crédit photo.
Préparer les photos pour le web
Un fichier sorti de l’appareil pèse plusieurs mégaoctets. Publié tel quel, il ralentit la page, surtout sur mobile.
- Formats. WebP et AVIF donnent des fichiers plus légers que le JPEG à qualité visuelle comparable. Certains sites les génèrent automatiquement à partir de l’original.
- Dimensions. Repère courant : 1 600 à 2 000 pixels de large pour un bandeau, 800 à 1 200 pixels pour une image dans le texte.
- Poids. Visez moins de 200 Ko pour une grande image, moins de 100 Ko pour un portrait.
- Nommage.
cabinet-dermatologie-lyon-salle-attente.webpest plus parlant queIMG_4512.jpg. - Texte alternatif. Décrivez ce que montre l’image en une phrase : « Salle d’attente du cabinet, avec accès de plain-pied ». Ce texte sert aux personnes qui utilisent un lecteur d’écran et aide les moteurs de recherche à comprendre l’image.
Des images légères améliorent le temps de chargement, qui compte dans l’expérience du visiteur et fait partie des signaux pris en compte par Google. Ces réglages sont intégrés lors de la création d’un site internet médical.
Utiliser les photos ailleurs que sur le site
- Fiche d’établissement Google. Façade, accueil, salle d’attente et portrait renseignent le patient dès les résultats de recherche. Voyez notre guide de la fiche d’établissement Google en santé et la page consacrée au référencement local.
- Réseaux sociaux. Prévoyez des cadrages carrés et verticaux dès la séance.
- Annuaires et plateformes de rendez-vous. Utilisez le même portrait partout, pour que le patient vous reconnaisse.
- Documents imprimés. Demandez les fichiers en haute définition en plus des versions web.
Vérifiez que chaque usage figure dans les autorisations signées et dans la cession de droits.
Smartphone ou photographe professionnel ?
Les deux solutions ont leur place. Voici des critères factuels pour choisir.
| Critère | Smartphone | Photographe professionnel |
|---|---|---|
| Coût | Nul ou très faible | Prestation facturée |
| Délai | Immédiat | Séance à planifier |
| Pièces petites ou sombres | Résultat variable | Objectif grand-angle et éclairage d’appoint |
| Portraits | Corrects en lumière naturelle | Lumière maîtrisée, série homogène |
| Retouche et formats | À faire soi-même | Fichiers livrés prêts à l’emploi |
| Cadre juridique | À organiser soi-même | Cession de droits et autorisations souvent fournies |
Un smartphone récent convient pour actualiser une photo de façade, illustrer une actualité ou compléter la fiche Google. Une séance professionnelle se justifie pour les portraits, les pièces difficiles à éclairer et la série d’images d’un nouveau site. Si vous souhaitez confier cette séance à une équipe habituée aux contraintes des cabinets, notre page photo et vidéo médicale présente la prestation. Pour aller plus loin que l’image fixe, lisez aussi notre article sur la vidéo au cabinet.
Les erreurs fréquentes
- Un écran, un dossier ou un nom lisible en arrière-plan.
- Des portraits pris à des dates et dans des styles différents.
- Des photos trop lourdes, publiées sans compression.
- Aucune autorisation écrite, ou une cession de droits qui oublie les réseaux sociaux.
- Le portrait d’un collaborateur parti depuis deux ans.
- Des images de banque d’images présentées comme celles du cabinet.
- Des retouches qui modifient la réalité des locaux.
Liste de contrôle avant la séance
- Créneau réservé hors consultations, équipe prévenue.
- Liste de prises de vue rédigée, avec l’usage de chaque image.
- Autorisations de droit à l’image imprimées pour chaque personne photographiée.
- Cession de droits du photographe relue : supports, durée, territoire.
- Écrans éteints, dossiers et ordonnances rangés, noms masqués.
- Locaux rangés, ampoules vérifiées, plantes et magazines en ordre.
- Tenues prêtes et accordées.
- Formats demandés : horizontal, vertical, carré, haute définition et web.
- Relecture de chaque photo à 100 % avant publication.
En résumé
Une séance bien préparée tient en une demi-journée et fournit des images utiles pendant plusieurs années. L’essentiel se joue avant le déclenchement : une liste claire, un cabinet rangé, des autorisations signées et aucun élément couvert par le secret médical dans le champ. Si vous souhaitez être accompagné pour la prise de vue ou pour l’intégration des photos à votre site, vous pouvez demander un devis.


