Comment choisir son agence de communication santé : 12 critères vérifiables

Prise de notes et ordinateurs portables lors d'une réunion

Choisir une agence de communication santé, c’est confier son image, son nom de domaine et parfois les messages de ses patients à un prestataire que l’on connaît depuis une heure. Ce guide propose des critères que vous pouvez vérifier vous-même, avec pour chacun la question à poser et le signal qui doit vous alerter. Il vaut pour toute agence, y compris la nôtre, et ne cite ni ne classe aucun prestataire.

Agence généraliste ou agence spécialisée santé

Une agence généraliste sait concevoir un site, rédiger et référencer. La spécialisation change trois choses.

  • La déontologie. La communication d’un médecin, d’un chirurgien-dentiste, d’un kinésithérapeute ou d’une sage-femme est encadrée par le code de déontologie de sa profession. Des pratiques courantes dans le commerce (témoignages, comparaisons, offres) n’y ont pas leur place.
  • Le vocabulaire. Une page qui confond deux actes, qui emploie un titre non reconnu ou qui promet un résultat engage votre responsabilité, pas celle du rédacteur.
  • Les données. Un formulaire de cabinet reçoit des messages qui parlent de santé. Les réflexes RGPD ne sont pas ceux d’un site marchand.

Une agence généraliste peut acquérir ces réflexes. Une agence spécialisée doit pouvoir les démontrer. Dans les deux cas, ce sont les réponses qui comptent.

Les 12 critères de choix

1. La connaissance des règles de votre Ordre

Pour les médecins, trois textes du code de la santé publique sont à connaître. L’article R. 4127-19 pose que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. L’article R. 4127-19-1 autorise le médecin à communiquer au public, y compris sur un site internet, des informations sur ses compétences, son parcours et ses conditions d’exercice, à condition que cette communication soit loyale et honnête, sans témoignages de tiers ni comparaison avec des confrères. L’article R. 4127-80 interdit le référencement numérique prioritaire obtenu contre paiement ou par tout autre moyen. Les autres professions ont leur propre code.

  • À demander : « Quels textes encadrent la communication de ma profession, et qu’est-ce que vous refusez de publier ? »
  • Signal d’alerte : l’agence répond « la publicité est autorisée depuis 2020 » sans nuance, ou ne cite aucun texte.

2. La propriété du site, du nom de domaine et des contenus

  • À demander : au nom de qui le nom de domaine est enregistré, si le contrat cède les droits sur les textes, les photos et la maquette, et qui détient les accès d’administration.
  • Signal d’alerte : le domaine est enregistré au nom de l’agence, ou le site est « loué » et disparaît à la fin de l’abonnement.

3. L’hébergement et la localisation des données

  • À demander : le nom de l’hébergeur, le pays où se trouvent les serveurs, la fréquence des sauvegardes et le délai de restauration. Si le site recueille des données de santé (questionnaire, espace patient, prise de rendez-vous), demandez si l’hébergeur est certifié HDS.
  • Signal d’alerte : une réponse du type « c’est dans le cloud », sans nom ni pays.

4. La conformité RGPD des formulaires

Un patient qui écrit par le formulaire de contact décrit souvent son motif de consultation.

  • À demander : où arrivent les messages, combien de temps ils sont conservés, quelle mention d’information figure sous le formulaire, quels outils de mesure d’audience sont installés et si un contrat de sous-traitance est fourni.
  • Signal d’alerte : des traceurs publicitaires déposés sans consentement, ou des messages conservés sans limite dans l’administration du site.

5. Des références vérifiables dans votre spécialité

  • À demander : deux ou trois sites en ligne dans votre spécialité ou une spécialité voisine, avec l’accord du praticien pour que vous le contactiez.
  • Signal d’alerte : des maquettes sans adresse, des sites qui ne sont plus en ligne, ou des logos de clients impossibles à relier à une réalisation.

6. La transparence des tarifs et la durée d’engagement

  • À demander : un devis poste par poste, la part payée une fois et la part récurrente, la durée d’engagement et les conditions de reconduction.
  • Signal d’alerte : un prix d’appel mensuel sans coût total sur la durée, ou un engagement de plusieurs années avec reconduction tacite.

Pour les ordres de grandeur, nous avons détaillé les fourchettes dans notre article sur le prix d’un site internet médical : nous ne les reprenons pas ici.

7. Les conditions de sortie et la réversibilité

  • À demander : le préavis, les frais éventuels, le format dans lequel le site et ses contenus vous sont remis, et le délai de transfert du nom de domaine.
  • Signal d’alerte : un outil propriétaire dont rien ne s’exporte, ou des frais de sortie découverts au moment de partir.

8. Un interlocuteur identifié

  • À demander : le nom de la personne qui suit votre projet, son rôle, et qui la remplace en cas d’absence.
  • Signal d’alerte : le commercial disparaît après la signature et vos demandes passent par une adresse générique.

9. Qui rédige les contenus, et qui les relit

  • À demander : si les textes sont écrits par un rédacteur formé à la santé, si une intelligence artificielle est utilisée et avec quelle relecture, et à quel moment vous validez chaque page.
  • Signal d’alerte : des textes mis en ligne sans votre validation, ou repris à l’identique d’un site à l’autre.

Vous restez responsable de ce qui est publié sous votre nom : la validation par le praticien n’est pas une formalité.

10. Le suivi et les rapports

  • À demander : un exemple de rapport, sa fréquence, les indicateurs suivis et un accès direct à vos statistiques.
  • Signal d’alerte : un rapport fait de chiffres flatteurs sans lien avec le cabinet, ou aucun accès à vos propres données.

Un audit SEO médical réalisé au départ donne un état des lieux auquel comparer la suite.

11. Les délais

  • À demander : un calendrier par étapes (maquette, contenus, recette, mise en ligne) et ce qui est attendu de vous à chacune.
  • Signal d’alerte : une mise en ligne promise en quelques jours pour un site sur mesure, ou un calendrier qui ne prévoit aucun temps de validation.

12. L’accessibilité et la performance du site

  • À demander : l’adresse d’un site livré récemment, que vous testerez sur votre téléphone et dans un outil public comme PageSpeed Insights. Vérifiez la taille des textes, les contrastes et la navigation au clavier.
  • Signal d’alerte : un site lent sur mobile, des textes placés dans des images, des boutons trop petits pour un patient âgé.

Les promesses qui doivent alerter

  • « Première position garantie ». Aucun prestataire ne contrôle le classement d’un moteur de recherche. Un engagement sérieux porte sur des moyens. Notre page sur le SEO médical décrit la méthode et ses limites.
  • L’achat d’avis. Diffuser de faux avis de consommateurs est une pratique réputée trompeuse (article L. 121-4 du code de la consommation), et c’est votre nom qui figure sur la fiche.
  • Les avis rédigés par l’agence. Même problème, quelle que soit la formulation retenue.
  • Les témoignages de patients sur le site. Pour un médecin, l’article R. 4127-19-1 écarte le recours aux témoignages de tiers.
  • La publicité payante « sans risque ». Pour un médecin, l’article R. 4127-80 vise le référencement prioritaire obtenu contre paiement. Nous faisons le point dans notre article sur le référencement payant et la publicité des médecins.

Une agence qui vous explique pourquoi elle refuse une demande vous protège davantage qu’une agence qui accepte tout.

Les questions à poser lors du premier rendez-vous

  1. Combien de professionnels de santé avez-vous accompagnés, et dans quelles spécialités ?
  2. Quels textes encadrent la communication de ma profession ?
  3. Pouvez-vous me citer une demande de client que vous avez refusée, et pourquoi ?
  4. Au nom de qui sera enregistré le nom de domaine ?
  5. Qui est l’hébergeur et où se trouvent les serveurs ?
  6. Où arrivent les messages du formulaire et combien de temps sont-ils conservés ?
  7. Qui rédige les textes, et à quel moment est-ce que je les valide ?
  8. Qui sera mon interlocuteur après la signature ?
  9. Que se passe-t-il si je souhaite partir dans un an ?
  10. Quels frais reviendront chaque année, et pour quelles prestations ?
  11. Pourrai-je modifier moi-même un horaire ou un texte ?
  12. Puis-je appeler deux de vos clients ?

Notez les réponses par écrit et demandez qu’elles figurent au contrat.

Lire un devis

Un devis lisible se comprend sans l’aide de celui qui l’a rédigé. Quatre points sont à contrôler.

  • Les postes. Conception graphique, développement, rédaction, photos, référencement, formation à l’outil : chaque poste a une ligne et un montant. Un forfait unique empêche toute comparaison.
  • Ce qui est inclus. Nombre de pages, nombre d’allers-retours sur la maquette, reprise des contenus de l’ancien site, redirection des anciennes adresses, mentions légales et politique de confidentialité.
  • Les frais récurrents. Nom de domaine, hébergement, maintenance, suivi du référencement : montant, périodicité, durée d’engagement et conditions de révision du prix.
  • La propriété. Titulaire du nom de domaine, cession des droits, remise des fichiers et des accès en fin de contrat.

Si vous comparez plusieurs devis, remettez à chaque agence la même description du projet. Les pages consacrées à la création de site internet médical donnent une idée de ce qu’un projet complet recouvre.

Tableau récapitulatif

Critère Question à poser Signal d’alerte
Règles de l’Ordre Quels textes encadrent ma communication ? Aucun texte cité
Propriété À quel nom est enregistré le domaine ? Domaine au nom de l’agence
Hébergement Quel hébergeur, dans quel pays ? Réponse sans nom ni pays
RGPD Où vont les messages du formulaire ? Traceurs sans consentement
Références Quels sites dans ma spécialité ? Références invérifiables
Tarifs Quel coût total sur la durée ? Prix d’appel sans total
Sortie Que me remettez-vous si je pars ? Rien ne s’exporte
Interlocuteur Qui suit mon projet ? Adresse générique
Contenus Qui rédige, qui relit ? Mise en ligne sans validation
Suivi Puis-je voir un rapport type ? Pas d’accès à mes données
Délais Quel calendrier par étapes ? Aucun temps de validation
Accessibilité et performance Quel site récent puis-je tester ? Site lent sur mobile

Liste de contrôle avant de signer

  • L’agence a cité les textes applicables à ma profession.
  • Le nom de domaine sera enregistré à mon nom.
  • Le contrat prévoit la cession des droits sur les contenus et la maquette.
  • L’hébergeur et le pays d’hébergement sont écrits au contrat.
  • Le traitement des messages du formulaire est décrit.
  • J’ai consulté au moins deux réalisations en ligne et joint un client.
  • Le devis distingue les frais uniques et les frais récurrents.
  • La durée d’engagement et le préavis sont indiqués.
  • Les conditions de sortie sont écrites.
  • Je connais le nom de mon interlocuteur.
  • Je valide chaque page avant sa mise en ligne.
  • Aucune promesse de position ni d’avis ne figure dans la proposition.

Et Doctoweb ?

Doctoweb est une agence spécialisée en santé depuis 2016. Une interlocutrice unique suit chaque projet du premier échange à la mise en ligne, et le client est propriétaire de son site. Vous pouvez en juger avec les mêmes questions que pour toute autre agence : la page À propos présente l’équipe, nos réalisations sont des sites en ligne que vous pouvez consulter, et nos services détaillent ce que nous faisons. Nous ne garantissons aucune position sur Google.

Si vous souhaitez nous soumettre votre projet et nous poser ces douze questions, décrivez-nous votre cabinet.

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Questions fréquentes

Vos questions sur le sujet

Faut-il obligatoirement une agence spécialisée en santé ?

+

Non. Une agence généraliste peut réaliser un bon site de cabinet si elle connaît les règles de communication de votre profession, ou si elle accepte de les apprendre et de faire relire les contenus. Ce qui compte, c'est la réponse aux questions de ce guide, pas l'étiquette. La spécialisation fait gagner du temps et réduit le risque d'erreur déontologique.

Combien d'agences faut-il consulter avant de choisir ?

+

Deux ou trois suffisent, à condition de leur remettre la même description du projet et de poser les mêmes questions. Au-delà, les devis deviennent difficiles à comparer et le choix se fait sur le prix seul, ce qui est rarement le bon critère.

Une agence peut-elle garantir la première position sur Google ?

+

Non. Personne ne maîtrise le classement d'un moteur de recherche, qui dépend de la concurrence locale, de l'ancienneté du site et de la qualité des contenus. Une agence peut s'engager sur des moyens (audit, pages rédigées, corrections techniques, rapport), pas sur une position.

À qui appartient le site si je quitte l'agence ?

+

Cela dépend du contrat, et c'est pourquoi il faut le lire avant de signer. Vérifiez que le nom de domaine est enregistré à votre nom, que les droits sur les textes, les photos et la maquette vous sont cédés, et que les fichiers du site vous sont remis dans un format réutilisable à la fin du contrat.

Un médecin peut-il faire de la publicité payante sur Google ?

+

L'article R. 4127-80 du code de la santé publique interdit au médecin d'obtenir, contre paiement ou par tout autre moyen, un référencement numérique faisant apparaître de manière prioritaire l'information le concernant dans les résultats d'une recherche sur internet. Une agence qui présente ces annonces comme sans risque pour un médecin doit être interrogée sur ce point. Les autres professions relèvent de leur propre code.

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